2016

Armelle (Kenza) : Tiens, il est neuf heures. Nous avons mangé de la soupe, du poisson, des pommes de terre au lard, de la salade française. Les enfants ont bu de l'eau française. Nous avons bien mangé, ce soir. C'est parce que nous habitons dans les environs de Marmande et que notre nom est Crochot… Oui … Je sais… Pour Mme Crochot tout est trop chaud… [rires en cascade]
 
 Léon Crochot (Mathéo), continuant sa lecture, fait claquer sa langue.

Françoise (Elise) : Les pommes de terre sont très bonnes avec le lard, l'huile de la salade n'était pas rance. L'huile de l'épicier du coin est de bien meilleure qualité que l'huile de l'épicier d'en face, elle est même meilleure que l'huile de l'épicier du bas de la côte. Mais je ne veux pas dire que leur huile à eux soit mauvaise.

 Léon Crochot (Mathéo), continuant sa lecture, fait claquer sa langue.

Amaranthe (Charleen) : Pourtant, c'est toujours l'huile de l'épicier du coin qui est la meilleure...

 Léon Crochot (Mathéo), continuant sa lecture, fait claquer sa langue.

Antoinette (Manon) : Jeanne a bien cuit les pommes de terre, cette fois-ci. La dernière fois elle ne les avait pas bien fait cuire. Je ne les aime que lorsqu'elles sont bien cuites.

 Léon Crochot (Mathéo), continuant sa lecture, fait claquer sa langue.

 On sonne.

Armelle (Kenza) : C’est pour quoi ?

Mireille (Emeline) : Bonjour Madame. Je vends des cartes postales en papier recyclé pour sauver les baleines d’Amazonie.

Armelle (Kenza) : Les baleines d’Amazonie ? Mais bien sûr … Ce serait pas la forêt plutôt ? Rapport au papier recyclé…

Mireille (Emeline) : Ah si !!!!!! Je sens que vous adhérez à ma cause ! Je vous en mets une douzaine. Une douzaine à 10 euros l’une c’est une affaire. Et vous faîtes une bonne action !

Armelle (Kenza) : Nan…



Henriette (Amandine) : Le poisson était frais. Je m'en suis léché les babines. J'en ai pris deux fois. Non, trois fois. Ça me fait aller aux cabinets. [Moment de gêne] Toi aussi [s’adressant à Albert] tu en as pris trois fois. Cependant la troisième fois, tu en as pris moins que les deux premières fois, tandis que moi j'en ai pris beaucoup plus. J'ai mieux mangé que toi, ce soir. Comment ça se fait ? D'habitude, c'est toi qui manges le plus. Ce n'est pas l'appétit qui te manque.

 Albert Quentin (Sacha), fait claquer sa langue.

Amaranthe (Charleen) : Cependant, la soupe était peut-être un peu trop salée. Elle avait plus de sel que toi. Ah, ah, ah… Elle avait aussi trop de poireaux et pas assez d'oignons. Je regrette de ne pas avoir conseillé à Jeanne d'y ajouter un peu d'anis étoile. La prochaine fois, je saurai m'y prendre.

 Albert Quentin (Sacha), continuant sa lecture, fait claquer sa langue.

Armelle (Kenza) : Antoinette me ressemble : elle est bonne ménagère, économe, joue du piano. Elle ne demande jamais à boire de l’alcool. C'est comme nos deux petites jumelles qui ne boivent que du lait et ne mangent que de la bouillie. Ça se voit qu'elles n'ont que six ans. Elles s'appellent Ursule et Agathe. N’est-ce pas Jeanne ?

[Entrée de Jeanne essoufflée et des jumelles]

Ursule et Agathe (Nina et Julia) :
Nous sommes deux soeurs jumelles ♫♪
Nées sous le signe des gémeaux ♫♪
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do ♫♪
Aimant la ritournelle, les calembours et les bons mots ♫♪
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do ♫♪

Nous fûmes toutes deux élevées par Maman ♫♪
Qui pour nous se priva, travailla vaillamment ♫♪
Elle voulait de nous faire des érudites ♫♪
Et pour cela vendit toute sa vie des frites. ♫♪

Jeanne (Margaux) : La tarte aux coings et aux haricots a été formidable. On aurait bien fait peut-être de prendre, au dessert, un petit verre de vin de Bourgogne australien mais je n'ai pas apporté le vin à table afin de ne pas donner aux enfants une mauvaise preuve de gourmandise. Il faut leur apprendre à être sobre et mesuré dans la vie.

 Albert Quentin (Sacha), continuant sa lecture, fait claquer sa langue.

Léon Crochot (Mathéo) : Mrs Parker connaît un épicier roumain, nommé Popesco Rosenfeld, qui vient d'arriver de Constantinople. C'est un grand spécialiste en yaourt. Il est diplômé de l'école des fabricants de yaourt d'Andrinople. J'irai demain lui acheter une grande marmite de yaourt roumain folklorique. On n'a pas souvent des choses pareilles ici, dans les environs de Marmande.

 Albert Quentin (Sacha) : Une paella sans coquillage, c'est comme un gigot sans ail, un homme politique sans mise en examen : quelque chose qui déplaît à Dieu !

Françoise (Elise) : Le yaourt est excellent pour l'estomac, les reins, l'appendicite et l'apothéose. C'est ce que m'a dit le docteur Mackenzie-King qui soigne les enfants de nos voisins, les Johns. C'est un bon médecin.

Amaranthe (Charleen) : On peut avoir confiance en lui. Il ne recommande jamais d'autres médicaments que ceux dont il a fait l'expérience sur lui-même. Avant de faire opérer Parker, c'est lui d'abord qui s'est fait opérer du foie, sans être aucunement malade.

Albert Quentin (Sacha) : Mais alors comment se fait-il que le docteur s'en soit tiré et que Parker en soit mort ?

Scène 2 : Léon le communiste – Papie Albert et Face de Bouc [Kenza – Sacha – Nina – Julia].

Armelle (Kenza) : Papa... Pffffffffffffffffffffffff … C’est du Ionesco quand même…

Albert Quentin (Sacha) : Au fait… c'est quoi ce tas de ferraille garé dans l'allée devant ?

Armelle (Kenza) : Notre nouvelle voiture ...

Albert Quentin (Sacha) : Voiture ? Cette caisse à savon à quatre roues étiquetée Huyndaï ? C'est quoi ça Hyundaï ? Une marque de tondeuse... Pas de voiture...

Armelle (Kenza) : Non... Papa ... Vraiment ... C'est une voiture écologique ... Tu sais que préserver la planète et ses ressources fait partie des causes défendues par Léon ...
Albert Quentin (Sacha) : Ah ! Léon ... Mon bon à rien de gendre, Léon ... Le hippie... Le bitnick... Le communiste ...

Armelle (Kenza) : Papa ... Ne t’énerve pas... Pense à ton coeur...

Albert Quentin (Sacha) : Oh ça va hein... Mon coeur... Mon coeur ... Quand il lâchera tu seras bien contente de récupérer ta part d'héritage ... Et arrêter de rouler en tondeuse... Elle est où Françoise ? Il n'y a que Françoise qui sache me faire plaisir .... Où est passé ta sœur ? Elle vient de twitter ... Chez Armelle ... Au joyeux bagne LOL... Donc elle est bien toujours dans cette galère de repas d’anniversaire surprise …

Armelle (Kenza) : Twitté ? Tu as un compte twitter toi ?

Albert Quentin (Sacha) : J’ai repris les cours d’informatique… Deux fois par semaine … Une petite jeune qui vient …

Ursule (Nina) : Ah bon ? Et tu apprends quoi ?

Albert Quentin (Sacha) : A surfer …

Agathe (Julia) : J’ai bien vu hier …

Albert Quentin (Sacha) : Non… Mais à surfer sur le net … A tchatter dans le MSN… A faire de l’e-mul dans le dailymotion pour transfigurer du you tube sans risquer de bugger sur google… Pour se servir de quick time en PDF sans bousiller ton open office quand tu lances un buzz sur ton mur de face de bouc…

Ursule (Nina) : Facebook … Pas face de bouc…

Armelle (Kenza) : Ne manque pas de respect à ton grand-père… Il peut encore nous servir… Je veux dire … On respecte ses aînés… Sois polie et tais-toi … Tiens allez donc lui faire une petite bise… Allez… Faites plaisir à Papie Albert…

Scène 3. Le bonnet silencieux [Manon – Margaux].
Jeanne (Margaux) : Antoinette, il faut qu’on parle.

Antoinette : […]

Jeanne (Margaux) : Depuis quelques temps, j'te vois sortir le soir / A ton âge, il y a des choses qu'une fille doit savoir / Les gars, tu sais, méfie-toi / C'est pas c'que tu crois. ♫♪

Antoinette (Manon) : […]

Jeanne (Margaux) : Ils te rendront folle de joie, / Folle de douleur, mais, crois-moi... Plus folle

Antoinette (Manon) : […]

Jeanne (Margaux) : Puis des gars de plus en plus tu vas en rencontrer / Peut-être même qu'un soir tu oublieras d'rentrer

Antoinette (Manon) : […]

Jeanne (Margaux) : D’accord ? Tu m’as bien entendue ?

Antoinette (Manon) : Oh oui nounou, j’écoute toujours ce que tu me dis.





Scène 4. Françoise chante et discussions en famille [Tous].

 On sonne.

Françoise (Elise) : C’est pour quoi ?

Mireille (Emeline) : Je vends du papier peint anti-wifi pour sauver les ours de centrafrique.

Françoise (Elise) : Mais tout à fait … Je sais que je vais regretter ma question mais tant pis, elle me brûle les lèvres…

Amaranthe (Charleen) : Quand est-ce qu’on meurt ?

Françoise (Elise) : Non. Non !!! La question… A quoi ça sert du papier peint anti wifi ?

Mireille (Emeline) : Et bien … Vous êtes tout à fait informer du fait que les ondes des téléphones portables et des réseaux wifi sont mauvaises pour la santé et que ce sont des attaques pour le corps… Des attaques invisibles … Et là … [enroulement dans le rouleau de papier peint] grâce au papier peint anti wifi … On se positionne à l’intérieur de papier peint anti wifi… Qui constitue un bouclier j’ai envie de dire… Un bouclier anti ondes wifi qui vous permet de rester en bonne santé… Alors en plus vous pouvez sortir dans la rue… [bras le long du corps] Faut se déplacer à pieds joints … [sautillements] Mais c’est très efficace… Fini les problèmes de santé…

Françoise (Elise) : Et c’est combien votre œuvre caritative ?

Mireille (Emeline) : 1000 euros le rouleau…

Françoise (Elise) : Mais bien sûr … Attendez… Vous me paraissez un bon public test pour ma dernière création… Entrez donc 5 minutes… Voilà… La famille voici … C’est quoi votre nom au juste ?

Mireille (Emeline) : Mireille… Mireille Dugenou…

Françoise (Elise) : Dugenou ? Ah… C’est vrai que vous partiez mal dans la vie … Le porte à porte … Tout s’explique… Bref… Je suis auteur compositeur interprète de chansons pour enfants… Je viens de gagner le gros lot … Le jackpot… Papa … Tout le monde … Voilà … Je viens de décrocher un contrat avec une école maternelle-primaire… C’est du 4 – 7 ans… Voilà … Donc imaginez … Le décor … Les costumes … Et ça commence comme ça :
Le crapaud est parti ♫♪

Le chœur : le crapaud est parti ♫♪

Françoise (Elise) : Le crapaud est parti depuis longtemps ♫♪

Le chœur : Le crapaud est parti depuis longtemps ♫♪

Françoise (Elise) : Et la princesse a épousé le prince / Et ils eurent tous deux beaucoup d’enfants ♫♪

Amaranthe (Charleen) : Elle est vraiment bien celle-là…

Henriette (Amandine) : Super… Top… Divin… Un rêve…

Mireille (Emeline) : Super … Vraiment… La nouvelle Chantal Goya est née ! 
Ce matin / Un lapin / A tué un chasseur …

Léon Crochot (Mathéo) : Et puis avec des costumes adaptés… ça va péter…

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : Ah oui… ça va péter…

Françoise (Elise) : Les costumes on verra après… Tu as vu Papa comment j’ai retravaillé le texte… Naïf…

Albert Quentin (Sacha) : Naïf…

Françoise (Elise) : Pédagogique… C’est pour des gosses… Je préférais la version une mais bon…

Antoinette (Manon) : Ah non ! Enfin… Non… La deux est mieux… Arrête ton bas trip… Vraiment … Trop balèze Tatie Françoise… Bien ouej … ça déchire plus que la version one… Celle où la princesse s’éclate la tronche dans l’escalier parce que son chelou de prince lui pique son carosse pour lui laisser une citrouille… C’est moins cash tu vois… Avec les jeunes … Faut être super calé … Tu vois ?

Françoise (Elise) : Ah mais sinon j’en ai plein d’autres …

Armelle (Kenza) : Plein ? Tu en as écrit d’autres ? Tu as bossé ? Toi ?

Françoise (Elise) : Ah ben oui … J’ai eu que ça à faire pendant deux mois…

Albert Quentin (Sacha) : Laisse ta sœur tranquille… C’est une artiste … Tu ne peux pas comprendre …

Amaranthe (Charleen) : Une artiste… Pffffffffffff… On rêve… Tu te prends pour Rihanna aussi ?

Henriette (Amandine) : Avec la vie que tu as, tu es plutôt mal placé pour te plaindre… Madame j’ai épousé un PDG millionnaire, qui lui versait un salaire de ministre, pour lui apporter trois cafés, quand elle était sa secrétaire…

Jeanne (Margaux) : Bon … j'ai une annonce à vous faire...

Henriette (Amandine) : En mini-jupe… La secrétaire …
Françoise (Elise) : Chanson sur le pain ! La surface du pain est merveilleuse, d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne, comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes…

Amaranthe (Charleen) : Ainsi donc, une masse amorphe en train d'éructer, fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant, elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses…

Léon Crochot (Mathéo) : Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux …

Albert Quentin (Sacha) : … sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

Françoise (Elise) : Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises, soudées par tous les coudes à la fois.

[Pendant ce temps Albert somnole …]

Léon Crochot (Mathéo) : Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : Mais brisons-la : car le pain doit être, dans notre bouche, moins objet de respect, que de consommation.

Antoinette (Manon) : [A tous] Ouah… Trop pas … Tatie Françoise et des délires… On dirait du Francis Ponge…

Léon Crochot (Mathéo) : Bon, moi, je m'en fous, j'allume une clope…

Henriette (Amandine) : Ah oui… C’est vrai … Le communiste fume… Est-ce que tu sais au moins qu’en France, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable, avec environ 73 000 décès chaque année. En moyenne, un fumeur régulier sur deux meurt prématurément …

Antoinette (Manon) : [A tous] Il aurait peut-être eu besoin d'une minute de plus de cuisson le gigot, non ?

Armelle (Kenza) : [A Henriette] Oh toi la croqueuse d’héritage, tu laisses mon mari tranquille… On sait tous ce que ça veut dire quand une fille de 30 ans épouse un homme de 80 ans…

Antoinette (Manon) : [A tous] Elles étaient de l'an dernier ces huîtres non ?

Ursule (Nina) : [A tous] Je connais quelqu'un à l’école qui est presque mort en mangeant une huître…

Mireille (Emeline) : L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. 
Antoinette (Manon) : Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.

Agathe (Julia) : A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.

Ursule (Nina) : Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner. 

Jeanne (Margaux) : Bon … j'ai une annonce à vous faire...

Françoise (Elise) : ça me rappelle ma chanson… Le gâteau… Inspirée de Baudelaire… Je découpais tranquillement mon pain, quand un bruit très-léger me fit lever les yeux. Devant moi se tenait un petit être déguenillé, noir, ébouriffé, dont les yeux creux, farouches et comme suppliants, dévoraient le morceau de pain.

Antoinette (Manon) : Et je l'entendis soupirer, d'une voix basse et rauque, le mot : gâteau ! Je ne pus m'empêcher de rire en entendant l'appellation dont il voulait bien honorer mon pain presque blanc, et j'en coupai pour lui une belle tranche que je lui offris.

Mireille (Emeline) : Lentement il se rapprocha, ne quittant pas des yeux l'objet de sa convoitise ; puis, happant le morceau avec sa main, se recula vivement, comme s'il eût craint que mon offre ne fût pas sincère ou que je m'en repentisse déjà.

Henriette (Amandine) : Le gâteau chanté par des tartes ... Tout est normal.

Jeanne (Margaux) : Eh oh … Les poètes … J'ai une annonce à vous faire...

Agathe (Julia) : Dis donc Tatie [à Françoise]… Tu sors pas juste de cure toi pour te resservir un verre ?

Amaranthe (Charleen) : [A tous] A propos de Tatie… Qui prend Tatie Rose la vieille sœur casse-pied de Papa en vacances cet été ? Non… Parce qu’elle fait tâche dans le décor de L.A. …

Armelle (Kenza) : Certainement pas nous… On a donné … Et puis les filles ne veulent même pas l'embrasser… Elles disent que Tatie Rose elle pique…

Ursule (Nina) : A oui… Elle pique sec la Grand’Tatie… Et puis quand elle mange …

Armelle (Kenza) : URSULE !!!!!!!!!!

[Albert sursaute et se rendort – chorégraphie oreillers]



Scène 5. Les vacances et le yacht d’Amaranthe [Tous].

Henriette (Amandine) : [A Albert] Mon Poupounet … Tu dormais ?

Albert Quentin (Sacha) : Pas du tout… A 80 ans on ne dort plus… On réfléchit… Le ronflement c’est pour la concentration…

[Albert se rendort]

Henriette (Amandine) : [A Léon et Armelle] Au fait… vous avez été où en vacances le mois dernier ?

Léon Crochot (Mathéo) : [Fier] A La Rochelle…

Armelle (Kenza) : La Rochelle… La perle de la Charente Maritime… Je me souviens d’un coucher de soleil sur le Vieux port…

Henriette (Amandine) : Ah oui... j'y ai été en 2007… C'était tout naze. A propos de vacances, mon chéri... Mon roudoudou d'amour... [A Albert] Tu as parlé aux filles de nos prochaines vacances ?  Non ? Alors laissez-moi vous mettre au parfum … Une croisière grand luxe dans les îles grecques... Huit jours au soleil... Avec piscine... Casino... Vous savez ... Vous n'aurez pas besoin de GPS pour nous suivre... Il vous suffira de guetter l'éclat de mon nouveau solitaire en diamant sous le soleil... Vous saurez toujours où nous sommes...

Jeanne (Margaux) : Annonce… Faire… J’ai …

Amaranthe (Charleen) : Une croisière organisée ? Ce que ça fait plèbe... Diantre ! Les vacances populaires... On se croirait en 36… Papa t’expliquera… Avec Georges nous possédons fort heureusement notre propre yacht... Un véritable petit bijou de 60 mètres, équipé d’un garage flottant... Quand le hors-bord est sorti, le garage se transforme en piscine couverte... Comme un rien…

Mireille (Emeline) : Comme c'est désopilant...

Henriette (Amandine) : Un garage flottant... Ah oui ! Et ben … Le nôtre ... De garage... Il a une porte automatique ... 

Françoise (Elise) : Pfffffffff ... Je vois pourquoi mon père t'as choisi ... Pour ton ... 

Armelle (Kenza) : FRANCOISE !!! Chez moi pas de dispute... Ici on se respecte... On se ménage ...

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : On s'ennuie...

Armelle (Kenza) : [Excédée] Léon ! Mais aide-moi ! Flûte à la fin ! L'éducation ... L'E-DU-CA-TION ! Le savoir-vivre à la Crochot … Ça te concerne aussi ! Et puis le linge sale… Ca se lave en famille mais quand même …

Mireille et Jeanne (Emeline et Margaux) : En parlant de famille et de linge sale…
Amaranthe (Charleen) : Quatre ponts... une piscine extérieure … un solarium … une salle de sport … un hammam … et un aquarium... 

Mireille (Emeline) : [au public] Un aquarium pour des secoués du bocal … ça tombe bien...

Amaranthe (Charleen) : Nous pouvons recevoir jusqu'à 10 invités... Triés sur le volet évidemment ... N’importe qui ne peut pas être reçu chez les La Poire …

Françoise (Elise) : [au public] Ah oui… Après Dugenou qui fait du porte à porte… Crochot qui fait tout cramer… La Poire qui fait du bateau …

Amaranthe (Charleen) : 13 membres d’équipage à notre service ... Georges l'a baptisé Amaranthe 1, parce que ce yacht est comme moi... Racé... À la fois classique et moderne, élégant et raffiné avec ...

Mireille (Emeline) : [au public] Une grande modestie et des chevilles larges comme les 4 ponts...

Léon Crochot (Mathéo) : Euh ... Moi c'est pas ses chevilles que j'aurais qualifiées de larges ...

Armelle (Kenza) : LEON !!!!!!!!!

Scène 5. Papie Albert se réveille... [Tous]

Albert Quentin (Sacha) : Oui Léon... Aux pieds Léon… Coucher Léon... Pas bouger Léon …

Armelle (Kenza) : Papa ! 

Henriette (Amandine) : Tu laisses ton père tranquille ! Il n'a pas encore refait son testament... Alors si son coeur lâche avant parce que vous l'énervez tous...

Jeanne (Margaux) : Alors pour parler d’émotions fortes… Il serait peut-être temps …

Françoise (Elise) : Au fait... Dis ... papa ... Il me faudrait une nouvelle guitare ...

Antoinette (Manon) : [tête de chien battu] ça me fait penser... Le nouvel iPhone vient de sortir... Le nouvel iPhone... Le dernier... L'argenté... 16 go... Avec ...

Armelle (Kenza) : Grand père n'est pas une vache à lait...

Albert Quentin (Sacha) : Tu es en train de me traiter de vache ? De vache ? Moi ? Le Quartier-Maître Première Classe Quentin !!!!!!!!! De la grande armée coloniale française !!!!!!!!!! Tu trouves que j'ai l'air d'une vache ma fille ? Fusilier marin moi Madame ! Je sais ce que vous pensez... Il est sénile le vieux avec sa jeune femme de 30 ans... Ben non justement ... Réfléchissez ... Il est plutôt doué pour avoir réussi à se recaser avec une jeunette à son âge...

Amaranthe (Charleen) : Non non... Pas sénile ... Friqué c'est tout...

Françoise (Elise) : Ah oui... Toi tu sais de quoi tu parles...

Jeanne (Margaux) : Mais je suis transparente ou ils sont débiles ?

Armelle (Kenza) : [au bord des larmes] ça suffit ! Bande d'ingrats ! J'ai passé deux jours en cuisine pour préparer le repas parfait dans une maison parfaite avec des enfants parfaits ... Deux jours … Et vous.... vous…

Antoinette (Manon) : Oh ça va ... Mother… Nous... Tu nous connais...

Agathe (Julia) : Ben oui... Tu nous connais...

Ursule (Nina) : D'ailleurs la maitresse elle nous a dit l'autre jour telle mère, telles filles...

Armelle (Kenza) : J'ai sué sang et eau pour vous... SANG – ET – EAU … Ça fait 10 ans que ça dure... 10 ans que je sors l'argenterie pour l'anniversaire de Papa... Que je la fais briller avec un truc gluant qui pue… Que je prépare la poule au pot comme Maman... Le gâteau à l'ananas comme Maman... Vous savez combien ça me prend pour la faire briller cette argenterie pourrie ? Vous le savez ? Et l’autre … Il arrive avec sa pin-up … Et Françoise ci … Et Léon ça… 

Léon Crochot (Mathéo) : Mon chou calme toi... Tu t'égares ...

Armelle (Kenza) : Jeanne ... Je vous les laisse... Je vais perdre mon sang froid légendaire ... Et ma politesse aussi...

Jeanne (Margaux) : Ah quand même on me remarque… Alors je voulais vous dire…

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : Maman va dire des gros mots... Maman va dire des gros mots... Maman va dire des gros mots...

Léon Crochot (Mathéo) : SILENCE !!! Comment voulez-vous que je m'entende penser avec ce boucan...

Albert Quentin (Sacha) : Oui... Pas trop fort ... Léon ... Le gentil communiste réfléchit ... À quoi Léon au fait ? A la façon de cultiver vos trois carottes hors sol ?

Amaranthe (Charleen) : Bon … Et puis la prochaine fois, on appelle un traiteur parce que c'est plus possible...

Françoise (Elise) : J'ai encore ramené le vin cette année, j'en ai eu pour 100 euros, je dis ça comme ça...

Armelle (Kenza) : Au moins… Mes enfants sont tous premiers de leur classe… Et j’en ai … Moi… [A Françoise]

Jeanne (Margaux) : Bon … puisqu’on parle d’avoir des enfants … j'ai une annonce à vous faire...

Françoise (Elise) : Ouais, enfin tu noteras qu'on a tous fait un effort niveau vestimentaire...

Albert Quentin (Sacha) : Je vous le dis … C'est depuis la fin des colonies que c'est le foutoir dans ce pays!

Armelle (Kenza) : [A Françoise] Tu parles comme un homme, tu bois comme un homme, ça ressemble à quoi, ça ? C’est pas comme ça que tu vas trouver quelqu’un, je te le dis tout de suite… Moi, c’est pour ton bien que je te dis ça, hein… On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre… T’as plus beaucoup de temps à perdre, je te signale…

Françoise (Elise) : Merci, Armelle, je pense que ça va beaucoup me servir, j’avais besoin de quelque chose de pas compliqué, qui me remette sur la bonne voie, et tu as trouvé exactement ce qu’il fallait dire : « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » !! Alors que moi, je croyais qu’il fallait du vinaigre ! Tu m’aides beaucoup, c’est incroyable ce qu’un simple dicton peut faciliter la vie ! Tu dis toujours que tu ne veux pas qu’on te prenne pour une fille coincée… pas sympa, Armelle, mais il faut faire des efforts, toi aussi, de ton côté…

Léon Crochot (Mathéo) : Au fait… J'ai démissionné...

Armelle (Kenza) : QU-QU-QUOI ? Je défaille… Je meure…

Henriette (Amandine) : Tiens Françoise... Tu vas pouvoir nous écrire une chanson... Armelle explose ? Armelle s'emmêle ? 

Mireille (Emeline) : Armelle prend son Xanax ... Je crois que Jeanne essaie de dire quelque chose… Mais quelle bande d’inutiles …

Scène 6. L’Indochine d’Albert… Le fusilier marin [Manon – Nina – Julia – Emeline – Amandine – Mathéo - Margaux – Sacha].

Antoinette (Manon) : En Chine, quand les grands froids arrivent, dans toutes les rues des villes, on trouve des tas de petits singes égarés sans père ni mère.

Ursule (Nina) : On ne sait pas s'ils sont venus là par curiosité ou bien par peur de l'hiver, mais comme tous les gens là-bas croient que même les singes ont une âme, ils donnent tout ce qu'ils ont pour qu'on les ramène dans leur forêt, pour qu'ils trouvent leurs habitudes, leurs amis.

Agathe (Julia) : C'est pour ça qu'on trouve des trains pleins de petits singes qui remontent vers la jungle.

Tous : HEIN ?

Mireille (Emeline) : Oh laissez-moi faire… Visiblement elles aiment l’histoire-géo… Alors … Un peu d’histoire et de gastronomie locales… Simple coïncidence. Abraham Lincoln fut élu au Congrès en 1846. Il adorait le pruneau d’Agen.

Amaranthe (Charleen) : John F. Kennedy fut élu au Congrès en 1946. Il adorait le pruneau d’Agen.

Mireille (Emeline) : Abraham Lincoln fut élu Président en 1860.

Amaranthe (Charleen) : John F. Kennedy fut élu Président en 1960.

Mireille (Emeline) : Les noms Lincoln et Kennedy sont composés chacun de 7 lettres.

Amaranthe (Charleen) : Les deux Présidents perdirent la vie un vendredi.

Mireille (Emeline) : La secrétaire de Lincoln s’appelait Kennedy.

Amaranthe (Charleen) : Le secrétaire de Kennedy s’appelait Lincoln.

Henriette (Amandine) : Les deux Présidents furent assassinés par des « Sudistes ».

Mireille (Emeline) : Les deux Présidents eurent pour successeurs des « Sudistes ».

Henriette (Amandine) : Les deux successeurs s’appelaient Johnson.

Mireille (Emeline) : Andrew Johnson, qui succéda à Lincoln, est né en 1808.

Henriette (Amandine) : Lyndon Johnson, qui succéda à Kennedy, est né en 1908.

Léon Crochot (Mathéo) : Lincoln mourut dans un théâtre appelé « Ford ».

Henriette (Amandine) : Kennedy mourut dans une voiture de marque « Ford ».

Léon Crochot (Mathéo) : John Wilkes Booth s’échappa d’un théâtre et fut attrapé dans un entrepôt.

Henriette (Amandine) : Lee Harvey Oswald s’échappa d’un entrepôt et fut attrapé dans un cinéma-théâtre.

Léon Crochot (Mathéo) : Booth et Oswald furent tous les deux assassinés avant leur procès.

Antoinette (Manon) : Cet énoncé pose au moins une question. Est-ce la faute de l’amour du pruneau qu’éprouvaient ces deux hommes ?

Jeanne (Margaux) : Bon … ben … Monsieur Quentin … Puisqu’on en est aux aveux… Je suis votre fille … Votre fille cachée… Votre fille la plus jolie aussi à ce que j’ai pu constater…

Mireille (Emeline) : Et moi sa mère… Ton ancienne maîtresse … Mireille… Tu te rappelles quand même ? Mireille … Donc voilà … Comme tu le sais père et mère, baron et baronne de Jacquemart le Petit, rencontrent ces derniers temps quelques soucis d’ordre financier… Donc …

Jeanne (Margaux) : Oui… Et les études d’histoire de l’art de Bibi il va bien falloir que quelqu’un les paye… Hein Papounet d’amour… Parce que la Villa Médicis à Rome… C’est un certain budget… Mais… Je le vaux bien…

Mireille (Emeline) : Oui mon sucre d’orge… Tu le vaux bien… Surtout quand on voit le reste de la progéniture… Tu devrais investir sur le bon cheval Albert… Conseil de femme avisée…

Albert Quentin (Sacha) : Matelot Esnault Lucien... Veuillez armer la jonque, on appareille dans 5 minutes.

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : C'est parti ... Voilà...

Jeanne (Margaux) : Monsieur... Ursule... Agathe... Vous n'allez pas tout me salir encore comme l'autre jour...

Albert Quentin (Sacha) : Ma petite le droit de navigation sur le Yang Tse Kiang nous est formellement reconnu par la convention du 3 août 1885. Contesteriez-vous la chose ?

Jeanne (Margaux) : Je ne conteste rien... Je vous demande juste de ne pas tout me casser comme l'autre jour...

Albert Quentin (Sacha) : Oh... mais pardon ! L'autre jour, les hommes de Chung Yang Tsen ont voulu jouer au con. Heureusement que j'ai brisé la révolte dans l'œuf, sans barbarie inutile, il est vrai.

Ursule (Nina) : On n’a coupé que les mauvaises têtes ... Le matelot Esnault peut témoigner d'ailleurs...

Agathe (Julia) : Sur l'honneur !

Albert Quentin (Sacha) : Bon. Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d'abord, j'vais vous donner les dernières instructions de l'Amiral Guépratte, rectifiées par le Quartier-Maître Quentin ici présent. Voilà : l'intention de l'Amiral serait que nous percions un canal souterrain qui relierait le Wang-Ho au Yang-Tse-Kiang.

Jeanne (Margaux) : Yang Tse Kiang ?

Ursule(Nina) : Huang Ho...

Agathe (Julia) : Yang Tse Kiang...

Albert Quentin (Sacha) : Bon... Je ne vous apprendrais rien en disant que Huang Ho veut dire fleuve jaune et Yang Tse Kiang fleuve bleu. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l'aspect grandiose du mélange...

Ursule (Nina) : Un fleuve vert...

Agathe (Julia) : Vert comme les forêts ... Comme l'espérance...

Albert Quentin (Sacha) : Matelots ... Nous allons repeindre l'Asie lui donner une couleur tendre... Nous allons installer le printemps dans ce pays ...
Jeanne (Margaux) : Bon je vois que vous êtes raisonnables... Je vous laisse... Je vais m'occuper de ranger la cuisine avant de quitter cette maison de fous ...

Albert Quentin (Sacha) : Ah ben si je vous ennuie… dites-le tout de suite... Vous gênez pas... Il radote le vieux... Il nous saoule avec ses histoires... Ah ben mince alors... Je ne vous raconterai plus rien...

Jeanne (Margaux) : Ne vous fâchez pas...

Albert Quentin (Sacha) : Ne vous fâchez pas ... ne vous fâchez pas... Mais bon sang de bonsoir je vous offre des rivières tricolores, des montagnes de fleurs et des temples sacrés et vous me transformez tout ça en histoires de garderie... Vous m'emportez votre jardin d'enfants dans ma mer de Chine... Matelot Esnault!

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : Oui ?

Albert Quentin (Sacha) : On va brûler le village ... Où sont les grenades que je les dégoupille ?

Jeanne (Margaux) : Monsieur Quentin ... Calmez-vous... Je vous demande pardon...

Albert Quentin (Sacha) : Une reddition ? Soit... Une main de fer dans le gant de velours... Matelots ! A vos pagaies !

Ursule et Agathe (Nina et Julia) : Oui chef !

Albert Quentin (Sacha) : Attention aux rochers... Et surtout attention aux mirages... Le Yang Tse Kiang n'est pas un fleuve... C'est une avenue... Une avenue de 5000 km qui dégringole du Tibet pour finir dans la mer Jaune...

Ursule (Nina) : Avec des jonques...

Agathe (Julia) : Et des serpents de chaque côté ...

Ursule (Nina) : Et au milieu il y a des tourbillons d'îles flottantes ...

Agathe (Julia) : Avec des orchidées hautes comme des arbres...

Albert Quentin (Sacha) : Le Yang Tse Kiang camarades c'est des millions de mètres cubes d'or et de fleurs qui descendent vers Nankin.

Ursule (Nina) : Et puis avec tout le long des villes ponton où on peut tout acheter...

Agathe (Julia) : Alcool de riz... Les religions ...

Albert Quentin (Sacha) : Et puis les femmes ... Je peux vous affirmer ma petite que le fusilier-marin a été longtemps l'élément décoratif des maisons d'thé... dans c'temps-là, on savait rire... ! 
Elle s'était mise sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C'était un juif, il sentait l'ail
Il l'avait, venant de Formose
Tirée d'un lupanar de Shanghai.

Jeanne (Margaux) : C'est beau...

Albert Quentin (Sacha) : C'est pas d'moi !... C'est des vapes, comme ça, qu'y m'reviennent... quand j'descends l'fleuve...

Ursule (Nina) : Mais je croyais que c'était une avenue...

Albert Quentin (Sacha) : On n’sait pas... C'est peut être un rêve qui se jette dans la mer...

FINAL [Tous]:

Armelle (Kenza) : « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité. 
Les étoiles sont éclairées pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne.

Françoise (Elise) : Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes. 
Pour les uns qui voyagent, les étoiles sont des guides, pour d’autres,

Amaranthe (Charleen) : elles ne sont rien que de petites lumières.

Henriette (Amandine) : Pour d’autres qui sont savants, elles sont des problèmes.

Mireille (Emeline) : Pour mon businessman, elles étaient de l’or.

Jeanne (Margaux) : Mais toutes ces étoiles-là elles se taisent.

Léon Crochot (Mathéo) : Toi, tu auras des étoiles comme personne n’en a…

Antoinette (Manon) : Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles,

Agathe (Julia) : puisque je rirai dans l’une d’elles,

Ursule (Nina) : alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles.

Albert Quentin (Sacha) : Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! » Le Petit Price - Antoine de Saint- Exupéry
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